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Vendredi 13 août 2010:

Épinglée par un comité de l'ONU

Politique. La France a été pendant deux jours l'objet d'une expertise des Nations unies pour discrimination raciale. Le gouvernement a fermement soutenu sa position.

Des experts du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd), réunis mercredi et jeudi à Genève considèrent la politique de la France envers les étrangers comme discriminante.

Le débat sur l'identité nationale, l'idée de déchoir des personnes d'origine étrangère de la nationalité française dans certains cas et les récentes mesures prises contre les Roms ont choqué les experts, qui rendront leurs conclusions le 27 août.

La Cerd est chargée de vérifier les efforts des 173 pays signataires de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale pour se conformer à ce texte. L'expert togolais Ewomsan Kokou cité par Le Monde, a pointé une« recrudescence notable du racisme et de la xénophobie » en France.

Selon un compte rendu de la réunion que s'est procuré Reuters, le discours de Nicolas Sarkozy qui suggérait fin juillet à Grenoble de déchoir de la nationalité française « toute personne d'origine étrangère » portant atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police est « non seulement discriminant contre les Français d'origine étrangère » mais il « constitue également une incitation à la haine », a déclaré un membre non identifié. Ce dernier a aussi qualifié de fait « grave » l'adhésion de la majorité de la population française à ce discours, comme l'a montré un récent sondage.

« La politique sécuritaire de la France est marquée par la stigmatisation de l'immigration comme cause de tous les maux », a déploré un autre membre du Comité.

« De nombreux experts ont évoqué la situation des Roms et gens du voyage en France, l'un d'entre eux se demandant pourquoi alors que la liberté de circulation est garantie en France, des Français appartenant à des minorités sont obligés de se munir de carnets de circulation », lit-on dans le compte rendu.

Le rapporteur du Comité a estimé pour sa part qu'il était « temps pour la France de faire vivre les rêves de liberté, d'égalité et de fraternité ».

Pierre Lellouche a réagi en indiquant que « la France est un État de droit rigoureusement respectueux des Droits de l'Homme dont elle a été la première inspiratrice depuis deux siècles ». « Les polémiques entretenues ici ou là au sujet de décisions prises par le gouvernement français n'ont par conséquent pas lieu d'être », a-t-il ajouté.

Dans leurs conclusions, qui n'ont aucun caractère contraignant, les experts du Cerd pourraient demander à la France d'apporter des améliorations sur certains points et de venir leur en rendre compte dans un délai défini.

(source le havre libre)

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