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Vendredi 20 août 2010:
Des parents dans le doute Réactions. Après les propos du chef de l'État sur la responsabilité des parents, ces derniers se disent inquiets. Dans son discours de Grenoble, fin juillet, Nicolas Sarkozy a souhaité rendre les parents « pénalement responsables » avec la possibilité, le cas échéant, d'envisager des incarcérations pour les actes délictueux de leurs enfants mineurs. Lors d'une table ronde récente, une dizaine de membres de l'association Trait d'Union a débattu de telles mesures. Rédouane Tamer, le directeur accueille plus d'une centaine d'écoliers des quartiers, tous les soirs après les cours pour du soutien scolaire, notamment : « Les parents sont sensibles à la réussite scolaire de leurs enfants ». « Les enfants se perdent » Tout le monde prend part au départ, qualifiant d'« injuste » les intentions à l'encontre des parents. « Ils sont déjà dépassés et dans la détresse », estime Malika. Cette mère de quatre enfants ajoute : « En tant que parent, on est souvent loin de la réalité, la communication n'est pas toujours facile avec nos enfants ». Leila, secrétaire de l'association et mère de famille, approuve son amie. Aucune des deux ne considère devoir assumer leurs « bêtises ». Et elles pointent du doigt une société dans laquelle « les enfants se perdent ». Dans des quartiers « dits difficiles », les parents disent avoir peu de prises. Le directeur adjoint, Ciré Sakho, déplore que « ces enfants assistent à des scènes qu'ils ne devraient pas voir à leur âge, dès qu'ils sortent de chez eux... À 10 ans, certains ont déjà un vécu de 18-20 ans ». Quand on demande si beaucoup de jeunes « tournent mal » malgré l'engagement des parents dans leur éducation, ils répondent d'une voix : « énormément. » Plusieurs facteurs sont avancés : système scolaire qui manquerait de moyens, chômage, société de consommation... Les parents estiment, en fait, qu'ils pâtiraient des fautes non seulement de leurs enfants, mais aussi d'une société. Alexandre Samary
(source le havre libre) Des propos qui « divisent » « La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un dépositaire de l'autorité publique. » À l'issue du discours de Nicolas Sarkozy, les réactions se focalisent sur le non-respect du principe d'égalité. Au siège de l'association, les origines des Havrais autour de la table ronde sont variées : Sénégal, Maroc, Algérie, Mauritanie... « Si on nous enlève notre nationalité, qu'est-ce qu'on devient ? », questionne Hapsatou, appuyé par Kamel, tous deux animateurs : « On n'a pas choisi d'être né en France, on n'a même pas choisi d'être né ». « Et avoir des parents nés à l'étranger ne signifie pas avoir une double nationalité », indique Rédouane Tamer. Pour Ciré Sakho, ces propos sont une source de conflit, qui « divisent la nation, une forme de discrimination ». Rédouane Tamer y voit « un aveu d'échec, qui ne va pas résoudre la crise identitaire que vit le pays ». (source le havre libre)
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