> Presse  —>  lundi 23 octobre 2009

 

Les communistes ont tranché. Avec 40972 votants recensés entre jeudi et samedi, la consultation sur le choix de leur démarche aux élections régionales de mars prochain à donné lieu à une bonne participation, « reflet d'un débat dont se sont emparés les communistes », selon Jacques Chabalier, membre de l'exécutif du PCF. « C'est plus de 14000 votants supplémentaires par rapport à la consultation similaire sur les européennes », observait-il, hier.

   Au total, les résultats enregistrés hier au siège du PCF indiquent le choix majoritaire de la constitution de listes du Front de gauche élargi, distinctes de celles du PS et d'Europe Écologie, dans seize régions sur vingt-deux. En Bretagne, les militants ont décidé pour leur part de « poursuivre la démarche du Front de gauche », tout en continuant à oeuvrer pour réunir les conditions pour une liste de rassemblement de toute la gauche au premier tour. Dans trois régions (la Basse-Normandie, la Champagne-Ardenne et la Lorraine), les adhérents ont préféré l'option de listes de rassemblement conduites par le PS dès le premier tour. Enfin, deux régions sont en suspens: en Bourgogne, la conférence régionale avait indiqué sa préférence pour des listes d'union de la gauche dès le premier tour, mais le vote des militants est si serré qu'il était encore impossible de départager les options en présence, hier après-midi. Enfin, en Poitou-Charentes, les délégués régionaux avaient aussi choisi l'option du rassemblement incluant le PS au premier tour, mais le dépouillement des bulletins des militants n'aura lieu qu'aujourd'hui.

   Confirmation de choix des conférences

   En général, la tendance est donc à la confirmation du choix majoritaire des conférences régionales (dix-sept régions sur vingt-deux avaient indiqué leur préférence pour le Front de gauche, les deux week-ends précédents), marquant « une volonté d'élargir la démarche impulsée aux européennes dans la plupart des régions », selon jacques Chabalier. Une région déroge à cette règle, la Basse-Normandie, où le choix majoritaire des militants en faveur d'une liste d'union de la gauche diffère de celui de la conférence régionale. Mais il est vrai que celle-ci n'avait donné qu'une voix de majorité au Front de gauche, laissant présager une situation ouverte au moment de la consultation militante.

   Selon les situations locales, les votes montrent également une grande variété de résultats, allant de 99 % pour le Front de gauche en Auvergne, où la conférence régionale avait approuvé à l'unanimité cette option, à des votes très partagés, voire indécis, comme en Bourgogne. Dans certaines régions, les résultats pourraient donner matière à contestation. C'est le cas en Pays de la Loire,où les résultats « montrent un clivage net entre les fédérations », confiait hier un responsable régional du PCF, trois sur cinq (la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Mayenne) ayant choisi l'union dès le premier tour avec le PS à plus de 65 % des voix, contre deux s'étant prononcées à la quasi-unanimité pour le Front de gauche (la Sarthe et la Vendée). Un arbitrage national est réclamé dans cette région, mais des responsables des départements favorables à un accord au premier tour avec le PS, s'appuyant sur «la légitimité des résultats » dans leurs fédérations, pointent « le risque de division qui pourraient perdurer » jusque dans la constitution des listes si une solution n'est pas trouvée.

Sébastien Crépel