> Presse —> Mercredi 2 Décembre 2009 |
Mercredi 2 Décembre 2009: Stress au travail : les enseignants à bonne école Maladies professionnels, dépression... une étude du SE-Unsa pointe le souffrance des professeurs du premier et du second degré. 41 % d'entre eux seraient concernés par des problèmes de santé. L'été dernier, une étude sujette à caution – jetait l'opprobre sur l'ensemble du corps enseignant, l'accusant d'absentéisme chronique. Aujourd'hui, c'est un tout autre son de cloche qui résonne du côté du syndicat des enseignants du premier et du second degré (SE-Unsa). En octobre dernier, ce syndicat lançait un questionnaire sur la santé au travail. La seule abondance des 5000 réponses avait de quoi inquiéter. Et leur contenu ne rassure pas : ainsi, les enseignants du public considèrent majoritairement (63 %) que leurs conditions de travail favorisent la dégradation de leur état de santé. Sur ce sujet, le service public ne serait donc pas mieux loti que le privé. « Notre leitmotiv est d'aboutir à un suivi des personnels tout au long de leur carrière et au développement de la médecine de prévention », insiste Dominique Thoby, secrétaire nationale du SE-Unsa, avant de commenter les chiffres édifiants de l'étude. Des chiffres qui disent aussi l'isolement dans lequel se retrouvent les enseignants, faute d'une réelle « politique de santé » et de service médico-sociaux de proximité indépendant de la hiérarchie. Quand 41 % du corps enseignant est concerné par des problèmes de santé, mais hésitant sur le fait de s'arrêter, la voie est ouverte aux anxiolytiques, somnifères et autres antidépresseurs « pour tenir le coup », 28 % des professeurs se disent concernés par le stress et 18 % souffrent de dépression, voire de troubles musculo-squelettiques. « Le stress est un facteur de déstabilisation pour nos collègues, qui vivent très mal le manque d'écoute dans l'éducation. Seuls 19 % d'entre eux ont eu affaire à un interlocuteur », relève encore Dominique Thoby. En réalité, on les pousse peu à peu en dehors du système en prolongeant les arrêts, « au lieu de les réintégrer peu à peu ». À son arrivée au ministère, Luc Chatel a beaucoup glosé sur le « chantier prioritaire » de la santé dans l'éducation. Or, à l'heure actuelle, aucune ligne de crédit n'est dédiée à ce sujet dans le budget 2010. De plus, ajoute le SE-Unsa, « la période Darcos a été un facteur de stress supplémentaire ». « Lautoritarisme » avec lequel a été décidée la réforme des méthodes de lecture, sans que les enseignants soient aidés à la mettre en place, aurait ajouté du stress au stress. Au moment où le budget 2010 prévoit la suppression de 16 000 postes dans l'éducation, où le nombre d'élèves continue d'augmenter, « les conditions vont encore se dégrader ». Au-delà de la « remise en cause de leur professionnalisme », selon l'Unsa, le programme est clair : « Mettre au pas les enseignants. » Lina Sankari
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