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Lundi 8 Novembre 2009: Les victimes de l'amiante défendent la préretraite Quatre cents travailleurs de l'industrie et des ports ont protestés hier à Paris, à l'appel de la CGT, contre un projet de décret qui abaisserait le montant de la préretraite amiante. Alors que les dispositifs d'indemnisation de l'amiante ne mériteraient que d'être améliorés, les victimes doivent se battre pied à pied pour défendre l'existant. Hier, aux abords du ministère du Travail, quatre cents travailleurs de l'industrie, mais aussi des ports et docks, se sont rassemblés à l'appel de la CGT pour protester contre un projet de décret du ministère qui aboutirait à une baisse de l'allocation de préretraite amiante 'ACAATA), Alors que le montant mensuel de l'ACAATA correspond à 65 % du salaire but moyen des douze derniers mois avant le départ en préretraite, le gouvernement voudrait exclure de l'assiette de calcul des indemnités de congés payés ou RTT et certaines primes versées par l'employeur lors du départ de l'entreprise. Pour le ministère du Travail, ces indemnités « gonflent » de manière artificielle la préretraite, payée par la branche accident du travail-maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale. Et ce alors que la Cour de cassation a statué en décembre 2007 qu'elles devaient bien être prises en compte. Si le décret était publié, il pourrait amputer de plusieurs dizaines d'euros le montant mensuel de l'ACAATA. « Ce serait une triple peine pour les victimes » a lancé hier Yves Bongiorno, du collectif amiante de la fédération CGT métallurgie, faisant allusion à la difficulté pour les salariés de voir leur entreprise inscrite sur la liste ouvrant droit à la préretraite, ainsi qu'au montant trop faible de celle-ci, qui dissuade déjà certains amiantés de faire valoir ce droit. Mercredi, la commission AT-MP de la Sécurité sociale, où siègent représentants syndicaux et patronaux, a émis un avis défavorable. Tous les syndicats ont voté contre, mais le patronat lui-même s'est abstenu, alors que le décret lui ferait faire des économies, puisque la branche AT-MP est financée par des cotisations uniquement employeurs. Hier, une délégation de représentants CGT a été reçue au cabinet du ministre Darcos. « Le ministère souligne que le projet de décret n'est pas inscrit dans le marbre, et il a écouté nos revendications, explique Bernard Leclerc, de la CGT. Mais le projet n'est pas retiré. » Dans les régions, les syndicats CGT vont interpeller les élus locaux pour les inviter à se positionner contre le décret.
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