> Presse —> Vendredi 4 Décembre 2009 |
Les Pollués... payeurs SEVESO. Le plan de prévention des risques industriels sera présenté demain. Il pourrait obliger certains habitants à quitter leurs maisons ou à effectuer des travaux de protection. Une sirène hurle. Il est midi pile. Premier mercredi du mois. Mais c'est un autre cri d'alarme qui se prépare avec la présentation, demain, du plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Les habitants proches de la zone industrielle devraient vite se familiariser avec ce nom. Certains, plus renseignés, s'inquiètent déjà. Car ce plan prévoit un zonage autour des seize industries dangereuses de la région havraise. Dans un premier cercle, des expropriations. Un peu plus loin, une obligation à faire des travaux de mise en sécurité des personnes... Aux frais des habitants bien sûr. Et c'est là que plus personne n'est d'accord. « Ce PPRT est une bombe à retardement. Et elle, c'est sûr qu'elle va péter », lance un membre du Clic (comité local d'information et de concertation) à qui le document va être présenté. « Comment voulez-vous faire accepter aux riverains, des Côtes Blanche de Gonfreville notamment, qu'ils doivent payer pour vivre près des industries ? Ces travaux peuvent aller jusqu'à 10 % de la valeur de la maison avec seulement 15 % de crédit d'impôt. Beaucoup ne pourront pas assurer », s'inquiète Thierry Rolland. Il est le président de l'association des Côtes blanches qui représente les riverains particulièrement exposés aux risques industriels de Gonfreville-l'Orcher. « En fait, aucune carte n'est encore établie. On ne sait pas qui sera concerné par les expropriations, ni quels types de travaux seront réclamés aux autres. Il faut rappeler que ces maisons ont été construites pour les industries sur des terrains leur appartenant et qu'ils nous ont vendus », indique Thierry Rolland. Son association compte bien soutenir Jean-Paul Lacoq, maire de Gonfreville, dans ses positions. Ce dernier est très clair. « La question du qui paie quoi sera cruciale. Je vais me battre pour cela. Et puis, il ne faut pas oublier la dimension humaine, surtout s'il devait y avoir des expropriations. Mais pour le moment, nous n'avons pas d'information à ce sujet. « N'oublions pas non plus que nous avons la route industrielle et l'autoroute qui nous séparent de la zone industrielle. Soyons logiques, s'il y a un risque pour le habitations, il est le même pour les automobilistes. Même plus, car ils n'ont pas forcément la culture du risque comme nous. Dans ce cas, il faudra fermer les voies de transite », souligne le maire PC. Pour lui, c'est celui qui dit qui paie. Ou celui qui provoque. « Surtout avec une taxe professionnelle supprimée. Et comme personne n'a envie de sortir le porte-monnaie... Il n'y aura peut-être pas de mesure trop importante », ajoute Jean-Paul Lecoq. Sauf avis contraire des maires concernés, ce PPRT sera considéré comme entériné dans un mois, Thierry Rolland veut alerter l'opinion publique. « On nous dit que les risques vont tout d'abord être réduits à la source. Pour nous, l'urgence c'est que les dépenses soient réduites à la source. » Marie-Ange Maraine
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