> Presse —> Mercredi 9 Décembre 2009 |
La paie, Christine la garde Christine Lagarde a bien du mérite : elle s'est vu désignée meilleure ministres des Finances de l'Europe de l'année par le très influent Financial Tmes, quand bien même, de son propre aveu, l'économie française « continue à détruire des emplois ». Mais la reprise est affaire de volonté ; chacun peut suivre l'exemple de la préposée à la santé financière de la France. Au gouvernement, la ministre prône « un assainissement de nos finances ». À la maison, Christine Lagarde sait arrondir ses bourses personnelles, via ses activités de conseillère d'arrondissement du XIIe et de conseillère de Paris. Travailler peu... Élue en 2008, la reine Christine n'aura honoré le conseil d'arrondissement de son auguste présence qu'une seule fois au cours de l'année. Avant de réaliser le Grand Chelem en 2009: absente six fois sur six ! Autre titre de ce mandat, il lui incombe également de participer à la vie locale et – entre autres – d'assister au conseil d'établissement des certains collègues et écoles du XIIe. Les bénévoles de ces conseils n'ont évidemment jamais vu madame la ministre. Pas plus que les membres de la commission de surveillance de l'hôpital Rothsild, où Christine Lagarde doit aussi participer en tant que Conseillère de Paris. En 2008, au Conseil de Paris, où elle détient également un mandat, Lagarde fut présente pendant une petite heure lors de trois séances, en avril, juillet et décembre. Mais depuis début 2009, personne ne l'y a plus vue : la ministre surbookée est abonnée au paragraphe « excusés » de la liste des édiles censés siéger. Il reste une session (de rattrapage), les 14 et 15 décembre... … pour gagner plus En clair, l'ex-avocate d'affaire du prestigieux cabinet Baker & Mc-Kenzie affiche un temps de présence qui suffirait à sanctionner sévèrement le plus tire-au-flanc des fonctionnaires gaulois. Pour le prix de revient, en revanche, ça tire vers le haut : notre ministre touche chaque mois la coquette somme de 4100 euros bruts au titre de conseillère d'arrondissement et de Paris. Soit 49200 euros l'année pour en jamais siéger. Ramenés aux minutes nécessaires pour signer une délégation de pouvoir, ça fait cher pour le contribuable. À son crédit, Christine Lagarde avait tout de même annoncé la couleur à ceux qui allaient la choisir. « Je ne vous perlerai pas de circulation, ni de propreté, mais d'économie, déciderait-elle lors de la campagne électorale en 2008, Paris doit attirer plus d'entreprises (…) parce que ça fournit de l'activité. » Ou encore : « Paris doit retrouver son rôle de place financière, parce que ça fournit du chiffre d'affaires, c'est bon pour les Parisiens. » Et le mandat de conseillère, c'est encore meilleur pour la Parisienne... Pour « éliminer » le déficit public, comme le répète à l'envi la maitresse de Bercy, Bakchich propose une alternative à la réduction du nombre de fonctionnaires : interdire les rémunérations sans contrepartie sérieuse. À son entrée en politique, Christine Lagarde voulait d'ailleurs améliorer le code du travail. Voilà une occasion de l'aménager au bénéfice du contribuable et des finances publiques. Ce qui permettrait en outre d'appliquer son précepte churchillo-sarkozien, entendu sous les ors de l'Assemblée nationale en juillet 2007 au moment de son entrée au gouvernement : « Il faut que le travail paie ! »* Bertrand Rothé (source Bakchich)
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