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Le Havre, le 28 octobre 2008

 

 

Monsieur THENAULT

Préfet de Seine-Maritime

7, place de la Madeleine

76000 Rouen

 

 

Monsieur le Préfet,

 

Nous venons de prendre connaissance de la requête de la société RENAULT SAS, d’assigner en référé 46 de ses salariés du site de Sandouville le 30 octobre prochain, pour atteinte à la liberté de circulation des biens et des personnes et à la liberté du travail.

 

Cette décision nous stupéfie autant qu’elle nous indigne.

 

Effectivement depuis l’annonce de la suppression de 1000 emplois à Sandouville, les salariés ont mené plusieurs mouvements de grève pour exprimer leur incompréhension et leur mécontentement face à cette décision.

 

Mais cette réaction est-elle étonnante ? Les salariés ont répondu au défi lancé par la direction concernant la fabrication de la Laguna III qui est reconnue comme un bon véhicule. Les résultats en matière de commercialisation ne sont pas à la hauteur des espérances de la direction, mais de nombreux facteurs expliquent cette faiblesse.

 

A ce titre, comment accepter dans le contexte économique que nous connaissons, la persistance de Renault à vouloir maintenir des objectifs de rentabilité pour le moins abusifs, au détriment du développement d’une véritable politique industrielle et de l’emploi? 

 

Le 7 novembre prochain, le tribunal de Nanterre, saisi par la CGT, devra statuer en référé sur la demande d’annulation du plan social du constructeur.

 

 

Le 30 octobre, le Tribunal de Grande Instance du Havre devra lui aussi examiner en référé, à la demande cette fois de la direction de Renault, une requête pour atteinte à la liberté de circulation des biens et des personnes, ainsi qu’à la liberté du travail.

 

Cette bataille juridique suscite de l’émoi chez les salariés, mais également parmi la population. Quoi de plus légitime !

 

Est-il nécessaire de rajouter de la tension face à ce que vivent déjà les salariés de ce groupe automobile emblématique dans notre pays et surtout dans le bassin havrais déjà durement touché ? 

 

La situation est suffisamment grave et elle nécessite plutôt la mise en place d’une table ronde réunissant tous les acteurs de la filière automobile intervenant sur le site de Sandouville, afin de créer toutes les conditions d’un avenir pérenne à cette entreprise, que de vouloir régler des comptes avec les salariés qui défendent leur outil de travail. C’est la raison qui doit l’emporter !

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de nos salutations distinguées.

 

 

         Daniel PAUL                                                      Jean-Paul LECOQ

 

 

 


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