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Madame Maryvonne Rioual
Conseillère municipale PCF Le 18 décembre 2006,
Monsieur le Maire, Le processus conduisant à la fermeture du camping municipal de la forêt de Montgeon connaît donc ce soir son épilogue, et ceci au mépris de la colère exprimée par les Havrais sous des formes diverses mais qui manifestement n’ont pas l’heur de vous plaire. Même si vous vous plaisez à affirmer à, ce propos votre imperturbable indifférence. Et pourtant vous ne pouvez ignorer que cette fermeture vient heurter le bons sens des simples gens. Les Havrais ne comprennent pas que dans le même temps : -- Le Havre, ville balnéaire, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO -- Le Havre, ville d’Art et d’histoire, -- Le Havre, ville fleurie, oeuvre, semble –t-il pour un développement touristique avec l’accentuation des activités nautiques, la création dans un futur proche du Centre de la mer, développe une stratégie pour affirmer les qualités d’accueil de notre ville et attirer un public toujours plus nombreux, les Havrais ne comprennent pas que , dans le même temps donc, vous décidiez de fermer le camping municipal de la forêt de Montgeon, qui a vocation à être un élément de la nécessaire complémentarité des structures d’accueil dans notre ville. On peut tenter quelques explications pour éclairer votre choix et poser aux Havrais une question simple : Développer les atouts du Havre, bien sûr, mais pour qui ? Parce qu’enfin, si vous aviez eu la volonté d’ouvrir largement votre ville à des publics diversités vous auriez, très en amont, pu prendre les dispositions pour la mise aux normes de cet équipement, et consentir pour cela, budget après budget, les crédits d’investissements à la hauteur de ce qui était pointé comme nécessaire. Au lieu de cela, vous choisissez la délégation de service public, sans investir, pour vous débarrasser plus aisément de ce qui constitue à vos yeux un problème, on laisse pourrir. Avant de faire ce choix, vous saviez que, sans investissements conséquents, le camping n’était plus viable, mais qu’importe. Je ne peux m’empêcher de faire rapprochement avec la façon dont vous avez traité le problème des commerces de bord de mer. « Nous voulons retrouver la qualité, le haut niveau », nous disait madame Valetout. Et pour ce faite de renvoyer dans leurs foyers et à leurs frais tous les marchands de moules, frites, qui font le bonheur du Havre populaire…Plaisirs vulgaires ! Le Havre mérite mieux que cela, estimiez-vous. Signalons au passage que , malgré vos efforts, les moules frites ont la vie dure, et même si les cartes des enseignes savamment triées n’affichent pas ce délit, elles le pratiquent malgré tout, faute de quoi beaucoup contempleraient des tables vides . J’ai souvenir aussi d’une réunion que vous présidiez aux docks café, où les consultants en charge de l’étude d’impact du centre de la mer sont venus nous expliquer jusqu’où il convenait d’aller, par cercles concentriques, pour trouver la clientèle potentielle d’un bon niveau de solvabilité et susceptible de dépenser son argent dans ce futur paradis de bien être. Les Havrais, dans leur majorité, vont vite découvrir, s’ils ne l’ont déjà fait, que tout ça, ce n’est pas fait pour eux. Que dire aussi de vos choix immobiliers, où la friche Caillard les révèle jusqu’à la caricature : --logements de standing : 400 --Logements sociaux : 40 Je pourrais multiplier les exemples pour illustrer la cohérence de vos choix et répondre à la question légitime des Havrais : tout ça pour qui ? Pour ceux qui ont de l’argent. Alors aujourd’hui, pour justifier la fermeture du camping le rapport sur la gestion du camping Déléguée à SARL chlorophylle affirme « que cet équipement a été entretenu régulièrement par la ville, mais l’évolution des normes de classement tourisme et d’exigences de clientèle a conduit à une dégradation régulière de sa fréquentation » Vous n’avez pas attendu 2004 pour le savoir, ni l’étude objective commandée sur le sujet ( à propos, vous connaissez des études non objectives ?). lors de la séance du conseil municipal du 23 octobre dernier, Madame Valetoux nous donnait le détail des indignités de ce camping, mais se déclarait, la main sur le cœur, attentive à l’hébergement de plein air, « nous envisagions, disait-elle, une offre complémentaire nouvelle et adaptée à la demande. Je ne me mets pas en doute la sincérité de son sentiment, mais pourquoi émerge –t-il si tard ? Voilà la messe est dite ! Concernant le camping, votre choix s’inscrit parfaitement dans la logique de votre action et de la politique que vous menez depuis 10 ans. Mais votre décision, au-delà du préjudice causé à une clientèle populaire, vient aussi bouleverser quelques destins particuliers. J ’osais penser que vous auriez à cœur de considérer humainement la situation des personnes qui en font les frais, et tout particulièrement, la délégataire. J’espère que notre délibération ne traite que de façon partielle des conséquences financières qu’entraîne pour elle la fermeture du camping municipal de la forêt de Montgeon. |